Itchy Feet, Sarkis, Veduta et le MAC : Maison.

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La compagnie Itchy Feet en répétition, pour la création Diar Diar, dans la salle installée par Sarkis, au musée d’art contemporain, à l’initiative de Veduta, dans le cadre de la biennale.

Je suis arrivée avec les danseurs, pour leur échauffement. Je me suis assise au milieu de cet espace, grand, et j’ai cherché, puis trouvé, ma propre histoire dans cette création, mon scénario, interprétant l’oeuvre de Sarkis ; parce que d’après moi l’art c’est ça : l’artiste offre son univers, son concept, et chacun doit y trouver des bouts de soi, chaque visiteur, spectateur, doit pouvoir, s’il s’ouvre, inventer et construire sa propre interprétation.

Alors : un grand espace, froid (parce que vide et dépouillé), bruyant. Une tyauterie de soufflerie tout autour de la pièce, des vitraux, hauts, donnant sur l’extérieur, une «maison sans mur» dans un coin, une table avec un téléphone (le sav veduta les vendredi..), des phrases lumineuses, des plaques comme celles de nos rues, des journaux, en quantité, du monde entier, qui jonchent le sol. Je suis en ville, en pleine ville. Il y a toute cette violence de la rue, le bruit, le désert (hémisphère nord), la pénombre. C’est un soir d’hiver parce que la ville est vide, il fait sombre. Les journaux, lus par des inconnus de langues différentes, ont été jetés. Il y avait ces gens, il y a ce mélange, cette mixité, réels, mais non palpables et déjà disparus. Je voudrais me réfugier dans la maison, parce qu’en plus je vois « le son du tonnerre», mais la maison ne me protègera pas, elle n’a pas de murs. Et de toute façon elle n’a pas de porte. Je me réfugie alors et tente de me rassurer en plongeant mon regard dans les vitraux, les reflets de lumière colorée qu’ils provoquent au sol. Mais là encore une question. Suis-je enfermée dans une église, la ville est-elle une espèce de lieu où nous devons avoir une espèce de foi et pratiquer des rites, ou au contraire ce mur est-il extérieur à une véritable église qui, illuminée depuis l’intérieur, projetterait ces douceurs sur le sol, et me permettrait de fuir cet univers, à condition une fois encore d’en trouver l’entrée. Dans tous les cas je / nous sommes enfermés. Puis finalement, les questionnements s’effacent, et laissent place étrangement à une sensation relativement douce : je peux faire de cet endroit un chez moi. Nous pourrions faire de cet endroit un chez nous.

Les danseurs, Faly Andriamboavonjy, Hélène Bianco, Edouard Eyele, les musiciens Aymeric Krol et Grégoire Ternois, et la chorégraphe Winship Coly en ont apporté la preuve.

Trois articles se suivent :

L’appropriation du lieu, par la compagnie, par le public.

La danse dans les vitraux et la lumière.

La maison.

Désolée si votre écran manque de luminosité, vous ne pourrez tout voir…..

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