Le temps laisse des traces

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En suite à l’article précédent, toujours au cimetière de Loyasse Nouveau. Depuis deux ans, j’ai « récolté » un assez grand nombre de Christ dans les cimetières. Mon oeil a été essentiellement attiré, en ce qui les concerne, par leurs blessures, leur altération, la trace des effets du temps qui passe, la matière qui s’effiloche, les pierres qui claquent, le métal qui cloque, toutes ces violences menant à l’effritement. Mise en parallèle avec les corps abrités par ces tombes.. je ne sais pas.. Je les trouve bien plus proches, en réalité, de l’état des souvenirs que l’on peut conserver de nos morts. Avec le temps, nos souvenirs s’amenuisent, s’abîment, prennent des coups. La différence entre la mémoire et la matière, c’est que nous construisons nous-même autour de ces blessures de quoi les « effacer », alors que les crucifix des cimetières, eux, ne trichent pas. Leur image nous renvoie à notre propre faculté à « rénover » le souvenir. On ne voit pas parfois le début des « blessures ». On voit toujours, en revanche, la trace d’un vivant qui est passé là pour les revêtir.

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