Trace

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Je vais travailler autour du mot, de l’idée, vaste, de ou des traces, avec mes photographies attrapées dans les cimetières. Je pense que tout ce que j’y ai cherché jusqu’à maintenant peut se résumer dans ce mot, simple et fort. Ici une série, comme les articles précédents, au cimetière Nouveau de Loyasse. Trace d’intempéries, traces de terre jetée par le vent, coulures laissées par la pluie, traces du vivant sur l’inerte, trace presque effacée de messages pour l’au-delà, trace d’un objet disparu, décroché ou déplacé par un visiteur. Au milieu de la série, une fleur colorée ne portant encore aucune trace d’aucune sorte. Que deviendra-t-elle dans cinq ans ? Vingt ans ? Et plus ? On lit beaucoup dans les cimetières, les messages écrits ont une grande importance. Mais rien n’est éternel, tout s’efface. On ne garde pas le souvenir d’un mort à perpétuité, bien au contraire. Le souvenir diminue, et se transforme, autant que la date de la mort s’éloigne. Je démens, donc, au risque d’en agacer beaucoup, le message de la première photographie de cette série :  » Le temps passe, il n’efface ni la douleur, ni le souvenir ». Preuve en est faite. Le temps n’efface pas complètement, il transforme et altère.

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