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La Mélodie des Choses

Série La Mélodie des Choses, cyanotypes

Cette série de tirages cyanotypes est issue d’une réflexion sur la « Mélodie des Choses ».
Dans la forme, en créant un parallèle entre les images et la musique, 3 formats, 3 formes et 3 papiers, comme un rythme, des notes et un tempo qui créent ensemble la mélodie.
Il s’agit de ma première série intime, même si inévitablement mes séries précédentes étaient empreintes d’une touche autobiographique.
J’ai volontairement travaillé sans avoir lu le texte de Rainer Maria Rilke, je voulais créer ma propre mélodie. Quelle n’a pas été ma surprise, une fois le travail abouti, de découvrir enfin ses fabuleuses  « Notes sur la mélodie des choses » ! (cf les citations ci-dessous).

Les images se relient les unes aux autres dans une narration douce et mélancolique. Elles proposent un autre monde facile à comprendre, où tout serait identifiable, aurait une place, un rôle, un monde dans lequel la fatalité, les émotions et les remous seraient admis, simples et doux ; Où chaque mélodie individuelle contribuerait à une mélodie commune, une histoire vraie imaginée, un rêve qui touche le réel.

J’ai voulu transcrire et raconter les espoirs les peurs et les envies qui me font vibrer, avec la conviction que ces morceaux de vie sont universels, et influencent nos rêves. L’intérêt réside dans la compréhension très aisée de ces traversées d’états d’esprit, alors que dans la réalité la complexité des imbrications nous rend difficile certaines interprétations.
J’ai travaillé sur l’amour, la douceur, la fragilité puissante, l’obscurité, la tempête, la disparition, la solitude, la vie de princesse, les entrelacs, l’être au monde.

L’usage de la technique cyanotype, monochrome et un tantinet aléatoire participe pleinement à la lecture de mon univers simplifié et fragmenté. Elle permet un détachement factuel et temporel, une pénétration naturelle dans le fantasme.
Je propose ma vision et mon ressenti à chacun, comme un voyage, une réflexion sur l’amour et ce qui nous lie, en espérant qu’avec la liberté des songes il puisse y pénétrer et se l’approprier. J’aimerais qu’en voyant ma Mélodie d’autres émergent, et, pourquoi pas, viennent flirter avec la réalité.

Rainer Maria Rilke, Notes sur la mélodie des choses, traduction de Claude David
(Sa réflexion se portait sur la scène théâtrale, ce que j’ai moi-même appréhendé comme ce monde parallèle.)
XV. Ils ne se trouvent les uns les autres que dans une heure qu’ils ont en commun, une tempête qu’ils ont en commun, une pièce unique où ils se rencontrent. Ils ne commencent à avoir des rapports qu’à partir du moment où il y a un fond derrière eux. Il faut bien qu’ils puissent se référer à cet unique pays d’origine. Il faut qu’ils se montrent les attestations qu’ils portent sur eux et qui sont toutes marquées du sceau du même prince.
XXII. Pour atteindre ce but [XXI. Si donc nous voulons être des initiés de la vie…], il faut avoir discerné les deux éléments de la mélodie vitale dans ses formes primitives ; il faut avoir extrait des tumultes grondants de la mer le rythme de la vague et dégagé de l’entrelacs confus des paroles quotidienne la ligne vivante qui porte les autres. Il faut mettre côte à côte les couleurs pures pour apprendre à connaître leurs contrastes et leurs affinités. Il faut avoir oublié le multiple pour l’amour de l’essentiel.

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