Avant

Avant, cyanotypes

Avant.

Avril 2020.
Après la fulgurance de la claque, je me remets, doucement, et je pense, je pense beaucoup. Je fantasme, naïvement, mais convaincue, à un « Après » intelligent, commun, nouveau, construit par nous, fruit de nos réflexions et nos décisions. Que ce virus qui nous frappe et les mesures que nous subissons nous apportent l’enseignement et la prise de conscience nécessaires pour changer notre chemin, et considérer notre problème dans son ensemble, plus loin que le bout de nos masques (que nous aurons obligation de porter dans la rue dès septembre.).

Automne 2020.
Effarée par la vitesse à laquelle notre machine infernale a repris vie, sans plus de remise en cause, effondrée par le peu d’espace laissé à notre pensée, capable pourtant de nous guider au mieux vers un futur moins pire.

Hiver 2020.
Je décide en réponse de travailler sur l' »Avant » ; puisque l' »Après » est un concept que je n’arrive pas (encore) à exprimer, en prenant le cours du temps à l’envers, et en considérant notre présent comme un « Avant » à toute chose, alors là je pense pouvoir faire passer mon message.
Cet ensemble de cyanotypes, solos diptyques et triptyques, encore en construction, raconte une histoire simple et universelle : notre présent peut basculer d’un instant à l’autre, alors profitons en pleinement, vivons la poésie que notre quotidien nous offre, l’amour et les découvertes, car rien n’est acquis. Nous devons ainsi désormais sauvegarder ce qui est bon, prendre soin de notre amour, reconnaître ce qui peut se perpétuer et ce que nous devons cesser.
Il y a des évènements qui font basculer. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Nous avons le pouvoir de nous construire afin de les traverser au mieux.

Carpe diem !

Avant la déflagration, l’orage, la fuite, le fracas, l’alerte, la tempête, le bruissement, le loup, la frontière, le grand départ.

Présenté à la galerie Courcelles Art Contemporain, Janvier – Avril 2021.

Vous pouvez également découvrir un montage video sur mon blog.

Considérons notre présent comme un « Avant » à toute chose.

Depuis quelques mois, nous sommes ébranlés dans nos quotidiens, nos habitudes, à croire parfois que nous avons traverser je ne sais quoi et sommes entrés en pleine fiction.
Parfois dès le réveil, entre songe et réalité, la dystopie nous guette.

Ce qui m’intéresse avec « Avant », c’est ce moment charnière, l’instant furtif et définitif juste avant la bascule. Tout semble normal, simple, tout l’est encore.
A chacun de se projeter dans le présent narré, y trouver toute l’importance de la poésie, la douceur des petits riens, et imaginer, visualiser l’instant d’après. Je désire créer là une ode au présent, au quotidien trop souvent considéré comme insignifiant, en envisageant sa disparition.
A tout moment, tout peut basculer, laissant de la poésie du réel évanouie un souvenir mélancolique, voire tragique. Le moment charnière peut être sec ou étalé, violent, brutal, inattendu.
Inimaginable.
L’appui du cyanotype pour ce travail permet de se perdre plus facilement entre réel et fiction, entre avant et après, en jouant sur les émotions. Les diptyques et triptyques aident à construire le chemin imaginaire.
Promenons-nous ici et maintenant, entre réel et poésie universelle, juste avant le fracas du détonateur.